La France s’apprête à écouler le stock de vaccins contre la grippe A non utilisés. Il s’agit de près de 70 millions de doses qui seront cédés à d’autres pays. Ce désaveu du gouvernement quant à sa gestion de la campagne de vaccination fait d’ores et déjà débat à droite comme à gauche.
Un surplus conséquent
Alors que l’épidémie de Grippe A décline sur le sol français, elle continue néanmoins à nourrir les polémiques. Durant l’été 2009, à l’aube de la pandémie, le gouvernement avait privilégié le principe de précaution. La France s’est alors pourvue de 94 millions de vaccins pour une population de 65 millions d’habitants. Soit 10% des réserves mondiales de vaccin. Le même principe a été adopté concernant les stocks d’antiviraux contre la grippe A. Ainsi la France ne possède pas moins d’un tiers du Tamiflu disponible à l’échelle internationale.
Avec le recul de la pandémie, et les autorités françaises restent avec des vaccins sur les bras. Seuls 10% des réserves ont effectivement été utilisées. Entre 70 et 80 millions de vaccins restent à écouler. L’Hexagone cherche dorénavant à les revendre à l’étranger. Le ministère de la Santé confirmait dimanche dernier que 300 000 doses avaient déjà été vendues au Qatar et que l’Egypte était sur le point d’en acquérir 2 millions. Roselyne Bachelot a fermement rappelé que jusqu’à novembre, les commandes de vaccins tablaient sur une double injection. Mais elle a surtout annoncé la résiliation de commandes de 50 millions de doses. Soit une économie de 50%. Cependant, seul le laboratoire français Sanofi a validé cette annulation, à ce jour.
La gestion gouvernementale pointée du doigt
Au vu d’un surplus si conséquent, des protestations se sont vite fait entendre sur la scène politique. Le Parti Socialiste exprime profond désaccord, notamment par la voix de son porte parole, Benoît Hamon. Il a jugé « curieux (…) qu’à peu près deux tiers de ce qui avait été prévu n’ait pas été utilisé ». Il a également regretté « une campagne anxiogène pour écouler les stocks ». Selon lui, « les labos pharmaceutiques sont les grands vainqueurs dans cette affaire ». Parallèlement, le député socialiste Jean-Paul Le Guen, chargé de la santé au sein de son parti a également condamné « l’attitude sécuritaire et volontariste du gouvernement ». Elle est, à ses dires, responsable de ce « gâchis financier ». L’élu a annoncé l’intention du Ps de réclamer une commission d’enquête parlementaire « pour faire le point sur cet échec », et ainsi éviter un nouveau « fiasco ». La contestation gronde aussi au sein de l’UMP. Le Pr Bernard Debré (vous savez, la grippette ?) dénonce « un principe de précaution poussé à l’extrême stupidité ». et estime la facture de la lutte contre l’épidémie à « près de 2 milliards d’euros. “
Pour couronner le tout, la revente des vaccins ne va pas de soi. Les rares pays non-équipés jusque-là ont tendance à faire appel en premier lieu aux laboratoires agréés, lesquels devraient bientôt pratiquer des rabais pour épuiser leurs stocks.
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